La plume qui bat de l'aile

Je vous écris d’une voix grave

Avec une plume oscillant entre orage et empoignade.

Le choix des mots est aussi lent que les marées de l’océan,

Des fois j’hausse l’élan,

C’est alors que je me perds dans les profondeurs d’un fossé ample.

Comme un faux écran, ma page donne l’illusion d’une fenêtre,

Sur un monde que j’aime colorer et qui me pénètre,

Des idées d’utopie comme un voyage que les graffitis de Banksy font naître.

Entre miroir et mirage, les écrits condensent

Ce qu’on ressent et c’qu’on pense dans le reflet d’une image.

Des histoires, des sillages qui cheminent à travers les âges

Par différents vecteurs d’émotions dont les mots sont leurs visages.

La dévotion dévorante dont je fais preuve pour la métaphore,

Se compose de rimes qui me font jubiler

Sans oublier qu’elles peuvent me faire du tort.

Elles aiment se prendre parfois pour une nouvelle réalité tangible,

Mais leurs ailes perdent leur foi dans le tourbillon d’idées hermétique au monde sensible.

Même si c’est la nature de la poésie de questionner la nécessité et le possible,

Ne m’en voulait pas si je dérive,

Car ce que les mots décrivent,

C’est avant tout un horizon balloté par les flots d’une mer intérieure agitée mais qui me fait vivre.

Entre ciel et terre,

Souvent ma plume bat de l’aile,

Mais je m’en indiffère,

Songeant à l’albatros de Baudelaire.

Ses ailes de géants l’empêchent de marcher.

Mais faut s’y faire.