les vers du décor

                                                                            



Et si l’on empruntait une voie de peintre.

Un sillon, une origine, empreinte d’une naissance.

Esquisse qui s’invente, dans le vent qui s’élance.

Face à l’indécente aisance des êtres d’indifférence,

 

Trace un dessin et pars vers l’indice des sens.

Tant que la vie s’efforce à persévérer,

Soyons ce regard qui regarde la terre s’éveiller.

Une attention, attendrie, comme celle d’une mère pour veiller.

User ses semelles, essayer de semer des graines des rêves, essaimer des essaims et puis dessiner des personnes qui s’aiment.

Au moins aurons-nous coloré l’inerte,

Comme le peintre sait le faire,

Espérer corriger l’erreur, redorer l’hiver,

Réchauffer nos cœurs et raviver l’austère.

 

C’est si bon de susciter le frisson sous cutanée,

Rencontre inopinée sans qu’on s’la soit imaginée,

Sans qu’on s’lasse, nos bouches salivent et nos auras s’enlacent,

Nos corps s’élancent et nos sueurs sentent que ceux qui s’attirent

Ont de la sève qui s’aimante.

 

C’est la saveur des êtres s’effleurants

Qui savent que les âmes s’essoufflent

Quand les effluves viennent de fleurs suffocantes.

 

Il y a des politisés. Il y a des pollinisés.

 

Dans des paysages de maître,

Certains humains humectent la terre de leurs caresses

Pour que la vie renaisse.

Tableau impressionniste impressionnant qui jamais ne cesse.

 

Le point commun entre la plume, la main verte et le pinceau,

C’est le même amour humain qui s’insurge et s’assume,

Intègre comme le pain et l’eau.

 

Les conditions de la création ressemblent comme deux gouttes d’eau à la rosée dessinant les formes du jardin à l’aurore.

 

Je vois une même nature, parmi tous les vers

Œuvrant à une harmonie.

Comme la littérature, la peinture, ou simplement cette humeur des sens que l’art nourrit.

 

On griffonne nos feuilles du pollen d’un épiderme

Pour qu’un sens capte le poème

Et qu’il le lise et dise si à fleur de peau il l’aime

Et si la peur de l’autre se referme.

Il y a la main de l’ouvrier sur l’établi.

Les gestes magiques qui s’établissent.

Il y a les plaies des oubliés qui s’élargissent,

Au moins étamines et pistils, s’épanouissent.